LA DIMENSION CULTURELLE DE LA TUP
Définition de la culture
Exploitation psycho-économique et pseudo-culture
Trois niveaux d'exploitation capitaliste
Dogmes contre Dharma
Spiritualité et équilibre mental
Géo-sentiments, socio-sentiments,
et sentiments humanistes comparés au Néo-humanisme
Langues locales et mondiales
Cultures indigènes
Le rôle des arts
Deuxième section :
Exploitation psycho-économique et pseudo-culture
Essentiellement, il n'y a qu'une culture humaine, qui s'exprime différemment
selon la localité. Actuellement, cette variété de l'expression humaine est
interprétée comme la coexistence de différentes cultures. L'histoire de l'humanité
a montré que parmi les myriades de « cultures » locales, certaines ont la particularité
de vouloir détruire l'expression culturelle d'autres localités, pour avancer
vers leurs buts. Par exemple, de nos jours, les pays capitalistes occidentaux
essayent d'imposer leur façon de vivre à d'autres sociétés du monde.
Les capitalistes ont recours tout particulièrement à un type spécifique d'exploitation
dénommée « exploitation psycho-économique ». Elle commence souvent par l'oppression
de la langue et de la culture d'une certaine localité, par un envahisseur étranger.
En effet, dans le passé, la force militaire était utilisée à cette fin. Ainsi,
les états impérialistes utilisaient leur supériorité en armement pour envahir
et conquérir les terres d'autres pays, allant même jusqu'à en asservir les
populations. «Votre culture est primitive, votre religion est mauvaise, votre
langue manque de sophistication » déclaraient-ils aux vaincus. Les colonialistes
ont donc utilisé à la fois la violence, et l'imposition d'un complexe d'infériorité
pour briser la volonté de résistance des peuples conquis. Vers la fin de la
deuxième guerre mondiale, les peuples du monde devinrent de plus en plus intolérants
vis à vis de la violence et de l'injustice du colonialisme. Dans ce contexte,
Les colonialistes ont été forcés d'imaginer d'autres techniques pour continuer
leur exploitation des pays nouvellement indépendants.
Afin de remplacer les cultures locales, une pseudo-culture a été imposée. Ici
le terme pseudo-culture signifie un conglomérat d'idées, d'actions et de produits
qui paralysent la vision collective d'un peuple et le prépare à l'exploitation
économique. En surface, elle pourrait porter quelques ressemblances avec une
véritable culture, mais en fait, elle en est l'antithèse. Une telle pseudo-culture
inclue de nombreux objets qui rendent la vie apparemment plus agréable que
du temps de la culture indigène, mais en fait, son but est de saper la résolution
des peuples indigènes. En effet, la dissémination à grande échelle d'une «
culture de consommation » centrée sur les plaisirs matériels, affecte négativement
les mentalités et la spiritualité. De plus, elle réduit la résistance de ceux
qui essayent de conserver leur héritage culturel. Ainsi, au cours des dernières
décennies, les cultures locales ont été poussées vers un « marché mondial »
dominé par la pseudo-culture de l'affairisme, ce qui a nuit énormément à la
diversité culturelle. Les franchises des fast-foods, le sexe et la violence
de la culture « pop » défient les cultures indigènes de part le monde.
En termes psychologiques, la pseudo-culture a un effet dévastateur sur la personnalité.
Les publicités pour de nombreux produits projettent l'image d'une vie plus
« moderne » et plus « agréable » que du temps de la culture indigène. Elles
donnent aux gens le désir d'être riche et blanc - pour jouir du lustre dépeint
dans les publicités et à la télévision. Une des conséquences de cet état de
choses, est que les enfants du tiers monde considèrent leurs parents comme
pauvres et arriérés, et leur culture comme primitive. Un résultat tragique
de la disparition des cultures et des économies locales, est la présence de
centaines de milliers de vagabonds et de prostituées dans les rues des grandes
villes du monde.
La pseudo-culture brise également la volonté des peuples indigènes de résister
à ceux qui pillent leurs ressources naturelles. Par exemple, l'imposition d'une
langue et de coutumes vestimentaires étrangères, inciteront une certaine peuplade
à considérer sa langue natale et ses vêtements traditionnels comme inférieurs
à ceux des intrus. L'effet psychologique est double : non seulement la culture
intruse est jugée supérieure, mais les indigènes perdent plus ou moins l'aptitude
d'y résister. Au contraire, ils vont même jusqu'à l'acceuillir favorablement,
réalisant trop tard ses effets négatifs sur leur mode de vie.
Ce type d'exploitation n'est pas uniquement réservé au tiers-monde, mais il
est également pratiqué au sein des nations capitalistes. Au nom de la liberté
et des droits individuels, les gens sont bombardés d'une vision matérialiste
du monde, qui masque la destruction sociale et écologique causée par une économie
motivée par le profit et la consommation. L'utilisation généralisée de drogues,
d'alcool, de pornographie, de cigarettes, d'armes etc., particulièrement dans
les quartiers pauvres frappés par l'exclusion, est caractéristique d'une telle
exploitation. Les gens sont intimidés et pacifiés, ou bien se tournent vers
le crime pour essayer de joindre les deux bouts. Ils perdent leur amour propre
et leur identité culturelle, et le système éducatif fait peu pour résoudre
ces problèmes en proposant des alternatives. A l'opposé, le capitalisme fait
la promotion d'un système éducatif «neutre » qui produit les travailleurs de
demain et enseigne peu la pensée critique. Les prochaines générations auront
donc peu l'occasion de se démarquer du consumérisme pour développer une conscience
socio-économique critique.
Le colonialisme commercial n'a pas été le seul a perpétrer ce type d'exploitation.
Longtemps auparavant, les institutions religieuses ont limité le rôle des femmes
dans la société, les rendant économiquement dépendantes des hommes. Maints
exemples historiques de cet ordre montrent que les classes dominantes ont eu
souvent recours a une telle exploitation. Cependant, à notre époque médiatique,
elle a atteint un tel degré de sophistication que la plupart des gens ne sont
même pas conscients d'être exploités. Au contraire, ils se blâment pour leur
propre misère.