LE CYCLE SOCIAL
Psychologie sociale et théorie de l'histoire.
Le cycle social.
Dialectique du cycle social.
Elaborant une nouvelle vision de l'histoire.
Le rôle des dirigeants moraux et l'état de
synthèse sociale permanente.
Deuxième partie:
Le cycle social
Selon la théorie du cycle social, les ères historiques se succèdent naturellement dans l'ordre suivant: de la société shu'dra (ouvrière), à la société ks'attriya (guerrière), suivie par l'ère vipran (intellectuelle) pour finalement aboutir à l'ère vaeshyan (marchande). Par la suite, un autre cycle social débute. On pourrait objecter qu'une telle vision cyclique de l'histoire est incapable de correctement représenter la marche du progrès humain. Mais ici, "cycle" ne signifie pas que l'on tourne en cercles fermés, ou que l'on revienne continuellement sur ses pas. Le mouvement du cycle social est au contraire en spirale, à la fois en cercle, et dans une direction bien précise, permettant la réalisation de progrès notables. Ces progrès rappelons le, sont tous des avancées vers un niveau de conscience plus élevé.
D'un point de vue historique, la période qui s'étends depuis l'apparition des premiers humains jusqu'à la formation des sociétés de l'âge de pierre, constitue une ère shu'dra. Les êtres humains, extrêmement dépendants des forces de la nature, étaient de virtuels esclave des conditions matérielles. Les humains, forcés de lutter contre leur environnement et contre d'autres clans pour l'acquisition de maigres ressources, connurent une expansion graduelle de leur esprit qui grandit en complexité, capacité et force. La confiance, la bravoure et la capacité de diriger et de dominer l'environnement social et matériel, se développèrent chez certains humains. Ces qualités s'exprimèrent surtout par des prouesses physiques qui marquèrent le début à la fois de l'ère guerrière et de la civilisation humaine au sens le plus noble. Ce système de clan grandit en unité et discipline, et un sens de responsabilité social se développa graduellement. Les femmes, vues comme les mères du clan, dirigèrent cette ère à son commencement. Il est ici nécessaire de comprendre l'immense contribution des femmes pendant presque 1 million d'année de matriarcat - depuis la naissance des humains jusqu'à la première apparition de la patriarcat, il y a 10000 ans environ.
Au cours des luttes des différentes sociétés guerrières contre les éléments naturels et entre elles, le pouvoir intellectuel des êtres humains se développa, et l'émergence des premiers vipras se traduisit par des découvertes scientifiques telles que le feu, l'arc et la flèche, l'aiguille et le fil, la charrue et la poterie, ainsi que des progrès en élevage, en agriculture, etc. Au cours de ce long processus, les vipras commencèrent à occuper une place de plus importante dans la société, pour finalement devenir l'atout le plus précieux des chefs ks'attriya. En effet, la guerre grandissant en complexité, les tactiques et la stratégie devinrent tout aussi importantes que le courage et l'habileté. Et sans la contribution d'un l'intellect plus grand, la victoire devenait impossible.
Dans la deuxième partie de la première ère ks'attriya, les hommes mirent fin à l'ordre matriarcal et établirent un nouveau système basée sur la domination des mâles. Par la suite, ce système fut institutionnalisé avec l'apparition du mariage, de la propriété privée, et des citées états. La religion au lieu de la magie, devint la vision sociale dominante, et la direction passa du conseil tribal dans les mains de rois guerriers. Cette transition permit la formation des grands empires de l'histoire anciennes - les aryens, les sumériens, les assyriens, les babyloniens, les perses, les égyptiens, les macédoniens et les romains -
Avec le temps, les intellectuels, qu'ils soient ministres ou prêtres gagnèrent en importance. L'apparition de l'ère vipran se signale par une perte d'autorité personnelle des rois guerriers, l'administration sociale se basant de plus en plus sur les écritures et les lois. Au moyen d'injonctions sociales ou religieuses, les intellectuels, dans leurs rôles de ministres, prêtres, législateur, ou sages, commencèrent à diriger la société et à façonner son développement.
C'est pendant cette phase vipran du cycle social, que la vie culturelle de la société s'épanouit. Et, sous l'influence de vipras bienveillants, la conscience et le développement mental des êtres humains atteignent leur apogée. Pendant cette âge d'or de l'ère vipran, toutes les institutions culturelles, religieuses, et gouvernementales sont renforcées. Et sous les auspices de ces institutions, la science, l'art et les autres branches de savoir fleurissent. Le début de l'époque bouddhiste en Inde, Chine et Asie du sud-est, montrent un tel développement, ainsi que le moyen âge en Europe, avec ses centres monastiques d'étude.
Par la suite, la classe vipran, de plus en plus obsédée par la préservation des ses privilèges sociaux, se fit plus oppressive. Pour maintenir leur domination, les viprans eurent recours à de nombreux stratagèmes, le plus puissant d'entre eux étant l'avilissement des modes de pensées des autres classes par la dissémination de superstitions et de complexes variés. De cette façon, ils corrompirent l'esprit des femmes avec de nombreux complexes d'infériorité, et les reléguèrent à des rôles serviles. Ainsi les femmes se virent dénier toute accès à l'éducation pendant la première ère vipran, dans les sociétés orientales comme occidentales.
Trop préoccupés par le confort et les privilèges, les vipras tombèrent peu à peu sous la domination des possesseurs de ces richesses, qui commencèrent à acheter leurs terres et à les employer à leur service. C'est de cette façon que se développa la classe marchande, infusant un dynamisme nouveau à la société. Une nouvelle machinerie sociale et politique fut crée, pour assurer à tous une plus grande liberté. L'habileté et le pragmatisme de la classe vaeshyan eurent graduellement raison du bourbier de superstitions et des institutions décadentes établies à la fin de l'ère vipran. En Europe et dans ses colonies, des ébauches de mouvements démocratiques, prirent place, conduisant à la chambre des communes en Grande Bretagne, à la révolution française, etc. et à une lente réduction de l'inégalité des sexes. L'impérialisme européen et plus tardivement japonais, sont également des sous-produits de l'ère vaeshyan. En effet, aux yeux des amasseurs, tout, même un être humain, devient un moyen de réaliser du profit. Cette vision s'imposa progressivement à la société, alors que la classe amasseuse, initialement sous le patronage de l'église ou de nations rebelles comme l'Angleterre, utilisa les qualités martiales de la classe ks'attriya pour attaquer des navires ennemis et coloniser le monde. Le but de cette entreprise était seulement d'extraire un maximum de ressources, y compris les esclaves, pour fabriquer et vendre des produits. C'est ainsi que la classe marchande construisit toutes les nations industrialisées du monde.
Pendant le déclin de l'âge marchande, l'économie est poussée vers une plus grande efficacité, dans un effort pour maximiser les profits. Ceci se fait au détriment de l'emploi et du pouvoir d'achat des travailleurs. En outre, l'environnement est détruit par le développement d'une société de consommation. L'argent devient hyper-centralisé et circule moins dans la société, ce qui réduit le pouvoir d'achat de la population. Nombre d'intellectuels et de guerriers sont réduits à la condition économique des shu'dras. Ce sont ces mêmes intellectuels et guerriers mécontents, qui un jour, désespérés par la pauvreté et l'échec des marchés financiers, réussiront à soulever le peuple, pour reprendre le contrôle de l'économie et des structures sociales. Ceci marque la fin de l'ère marchande et le commencement d'une nouvelle ère shu'dra. Bien que techniquement parlant, une société shu'dra devrait émerger après le renversement de l'ordre vaeshyan, cette ère shu'dra (essentiellement anarchique), se termine dès que les leaders de la révolution solidifient leur position et leur pouvoir. Par exemple, la révolution prolétarienne des pays communistes, commençant avec la Russie, représentent cette phase du cycle social: une domination vaeshyan terminée par une révolution shu'dra, aboutissant à une nouvelle société ks'attriya. De cette façon, le mouvement cyclique de la société se poursuit, et l'humanité entre dans la deuxième spirale du cycle social.